Le luxe : miroir aux alouettes ?

Avoir un sac Chanel (Dior, Hermès, à vous de choisir) ou ne pas exister ? telle semble être la question.

Depuis que je suis différentes instagrameuses, je suis très étonnée de voir l’usage quotidien et souvent pléthorique, des articles de luxe dans leurs looks. Je parle de jeunes femmes autour de la trentaine, voire moins, qui arborent avec une fierté nonchalante des sacs Chanel, Dior, Céline et autres, souvent au dépend de toute créativité vestimentaire d’ailleurs. Comme si un sac de luxe suffisait à créer une tenue.

Nous parlons là de pièces qui valent plusieurs milliers d’euros, et là me vient une question : qui peut s’offrir toutes ces pièces de luxe plusieurs fois par an, sachant que le salaire moyen d’une femme en France est d’à peine plus de 1600€ par mois ? réponse : pas grand monde. J’adore l’idée de proposer des looks, de faire de belles photos mais quel est l’intérêt de susciter, chez ses followeuses, des désirs qu’elles ne pourront assouvir. L’option “je vais gagner au Loto” n’est pas à écarter complètement, je vous le concède.

Je sais que les Instagrameuses régnant sur une large communauté attirent les grandes marques et se font couvrir de cadeaux. Il n’y a qu’à observer les posts de ces dames quand un nouveau sac sort : étrangement, il devient présent dans les feeds de tout ce qui compte sur Insta. Le sac de luxe est-il devenu un incontournable sans lequel nous ne saurions trouver l’extase fashion ? Tout ceci m’amène à réfléchir à la place que nous donnons au luxe.

Boots Chloé et sac Chanel : je me rebelle.

Il n’est plus à démontrer que notre habillement est le reflet de ce que nous sommes, et plus encore de ce que nous voudrions être. Il se met en place, lorsque nous adoptons un style, un effet de cooptation silencieuse qui fait que les femmes se reconnaissent entre elles et s’identifient comme faisant partie d’un même groupe. La pièce de luxe accentue encore ce système de “castes” car l’objet étant couteux, donc plus rare, le groupe se compose de happy fews qui se détectent dans un silence affuté.

Cerise sur le sac à main (comme les Vuitton de la collection Murakami) pour les pièces dont le logo n’est pas apparent, ou très discret, car seules les connaisseuses sauront de quoi il s’agit : l’élite silencieuse. Un manteau noir ? oui mais coupé dans un sublime cachemire avec une doublure en soie, quoi de plus luxueux et plus anonyme.

Je ne vais pas jeter la pierre sur les sacs de luxe, j’en possède. Je ne vais pas dire qu’un beau sac n’upgrade pas une tenue, la plus simple soit-elle, c’est une évidence. En revanche, une pièce de luxe ne pourra rien pour vous si le reste de votre look est loupé parce qu’on pensera tout simplement que vous portez un fake (la honte sur 3 générations).  De la même façon, porter une panoplie complète griffée me semble tout aussi douteux et à la limite du vulgaire. Le luxe s’achète, l’élégance jamais.

Je ne nie pas la beauté de ces articles, ni le talent des personnes qui les créent et les fabriquent. J’ai plus grand respect pour l’artisanat d’art des maisons de Haute Couture, le débat n’est pas là. Porter un sac Hermès ne fera pas de vous quelqu’un de plus spirituel, de plus intelligent ou de plus séduisant. C’est une certitude.

Alors les girls, vous qui n’avez pas de sacs Chanel, j’espère que vous ne doutez pas que vous pouvez être féminine, follement chic, irrésistible et sublime sans ces trophées. On peut être d’une classe mortelle avec un jean et une chemise blanche, n’en doutez pas.

Le luxe, ce n’est pas le contraire de la pauvreté mais celui de la vulgarité. Ce n’est pas moi qui le dis, c’est juste Coco Chanel.

Bisous les sistas !

jeans bleus
Au sac Céline, je m’acoquine !

Cet article a été écrit en toute indépendance. Je ne bénéficie d’aucun accord avec aucune marque citée.

2 réflexions sur “Quelle place accordons nous au luxe dans nos looks ?”

    1. Hermès, c’est compliqué. Même en seconde main, ils restent assez chers. Après, il faut chiner dans les vides-grenier, tu peux tomber sur une affaire. La quête du sac s’apparente à la quête du Graal mais en avoir ou pas, telle reste la question !

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