Moi et mon corps : je t’aime moi non plus.

Quel est notre rapport au corps ?

Après avoir ingurgité pendant des semaines des thrillers et autres séries d’épouvante, j’avoue avoir eu envie d’une certaine légèreté. Je n’ai carrément pas pu aller au bout de la série “Dark” dont l’ambiance particulièrement plombante avait fini par m’empêcher de dormir.

Bref, consciente de ne pas pouvoir regarder en boucle le Big Bang Theory, me voilà à la recherche de nouveauté. Par le plus grand des hasards (celui-là même qui fait bien les choses), je découvre “Girls”, une série qui a presque dix ans (avec Adam Driver quasiment à ses débuts) qui raconte les aventures de quatre newyorkaises. Nous sommes très loin des modeuses de “Sex & the city” et encore plus des poupées venimeuses de Gossip Girl. Ça parle de la difficulté de trouver sa voie, des relations entre ami(e)s et aussi de sexe d’une façon très naturelle et presque crue dans son authenticité.

Lena Dunham

Une des protagonistes principales, Lena Dunham, qui s’avère être aussi la réalisatrice et la scénariste de la série, m’a tout simplement époustouflée par l’aisance qu’elle témoigne pendant ses fréquentes scènes de nu. En effet, la demoiselle ne correspond pas du tout aux canons rêvés de la beauté de ce siècle. Elle n’est ni grande, ni mince, ni musclée, et n’est pas dotée d’une chevelure de fée. Disons-le, elle a des formes, celles qu’on pouvait voir dans certains tableaux de Renoir, avec une poitrine presque enfantine, un ventre rebondi et des cuisses pleines. Loin de ce que qu’on s’attend à voir dans ce genre de série. Elle arbore pour autant des tops trop courts mettant en vedette son ventre, et des mini shorts. Dire que je trouve ses choix vestimentaires judicieux serait beaucoup me demander mais en tout cas, cela m’a conduit à m’interroger sur le rapport que nous avons avec notre corps.

J’ai de multiples amies et je crois pouvoir dire que pas une d’entre elles n’est satisfaite de son physique, à des degrés différents. Encore plus étrangement, ce sont objectivement les plus jolies qui sont les moins sereines, à croire que nous possédons toutes des miroirs déformants. Inutile de vous dire que je fais partie du lot, m’étant toujours imposée une quête impossible de la perfection.

O rage, ô désespoir, ô miroir ennemi …

Pourquoi sommes-nous toutes (et tous peut-être) en guerre avec notre corps ? pourquoi ne pas réussir à l’apprivoiser, et à le chérir, tel que la nature et la génétique nous l’ont offert ? car pour une Gisèle Bundchen ou une Marylin Monroe, pourtant si différentes dans leur incontestable beauté, combien de vous et moi ?

Les décennies passent et les exigences changent. Aux années “brindille” de Kate Moss ont succédé les belles plantes à la Elle Mc Pherson ou Claudia Schiffer jusqu’aux formes extraverties d’une Kim K et autres américaines qu’on croirait dessinées par un créateur de BD.

La beauté serait-elle multiple ? évidement. Le beau d’hier serait-il le moche de demain ? probablement. Et nous dans tout ça, comment pouvons nous sortir notre épingle du jeu ?

Il nous faudrait une fonction “Photoshop” intégrée dans notre œil, une fonction qui gommerait ce qui nous déplait et adoucirait les défauts, une fonction qui floute, une fonction qui met des cœurs dans nos yeux, une fonction qui fait le teint rose …

Gisèle B – Victoria Secret

Kate Moss
(Photo by MJ Kim/Getty Images)
Kim K

Et si tout simplement, nous pouvions arriver à nous focaliser sur ce que nous aimons chez nous, à cultiver nos qualités pour faire tant d’ombre à nos défauts qu’on ne les verrait plus. Et si tout simplement, nous arrivions à nous regarder avec douceur et bienveillance, ces sublimes qualités qui sont en train de disparaitre de la surface de la terre et qu’il faut d’urgence réhabiliter.

Peace les sistas !

(Je n’autorise plus les commentaires sur mon blog car je suis envahie de posts bizarres venus de l’étranger – retrouvez moi sur mon Insta @thefashionprofiler si vous souhaitez débattre.)

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